Des hauts et des bas pour les plateformes spécialisés

Par : Marianne Hébert

Netflix est l’un des géants des médias spécialisés. Plusieurs millions d’utilisateurs ont été enregistré sur la plateforme, en 2015.
Source : Radio-Canada: Netflix confirme son succès avec 65 millions d’utilisateurs. 2015. https://ici.radiocanada.ca/nouvelle/730009/netflix-65-millions-utilisateurs-television-continu,(consulte le 18 novembre 2018)

La définition d’un média spécialisé, est une chaîne de télévision dont l’éventail des programmes cible une thématique donnée ou une catégorie de téléspectateurs précise. Elle s’oppose à la chaîne de télévision généraliste, dont la programmation est destinée au public le plus large. [1] Cela démontre alors que les chaînes généralistes réussissent à obtenir une plus grande visibilité, car elles diffusent différents contenus. Cela met les médias spécialisés un pas en arrière lorsque ça vient aux cotes d’écoute.Une des premières questions que nous nous sommes donc posées lorsque nous avons reçu comme sujet, les médias spécialisés est, « Est-ce que les cotes d’écoute de ces médias sont en baisse ou sont-elles plutôt en hausse? » En recherchant sur le sujet, j’ai réalisé que comme la météo, les médias spécialisés ont des hauts et des bas dans leurs cotes d’écoute.

Elles ne sont jamais constantes pour certaines de ces plateformes, par exemple, comme RDS, qui a des meilleures cotes d’écoute lorsque des gros événements sportifs, comme la coupe du monde, sont sur leurs ondes. [2] « Le soccer a permis à RDS de dominer les cotes d’écoute ce week-end. La finale de l’Euro, qui a duré plus de trois heures, a attiré une moyenne de 513 000 amateurs du ballon rond dimanche après-midi, pour une part de marché d’environ 25 %, selon les données préliminaires d’auditoire de Numéris­­. Une pointe de 843 000 téléspectateurs a même été enregistrée en fin de partie, durant la prolongation. La finale France-Portugal de 2016 à ainsi dépassé celle de 2012 opposant l’Espagne à l’Italie, qui avait rassemblé 372 000 Québécois. »,mentionne Marc-André Lemieux du Journal de Montréal [3]. Par contre, comment ces médias se comportent durant le reste de l’année. Durant le reste de la saison médiatique.

On remarque que les gens consomment, de nos jours, la télévision différemment. Cela est une des grosses raisons pourquoi les médias spécialisés traditionnels québécois sont un peu mis de côté. Les géants américains, comme Netflix, où une saison d’une émission peut sortir en un jour, où il y a différent contenu et où leur diffusion est en continu, vont être un grand compétiteur contre un média comme « Évasion » où il montre seulement des émissions sur les voyages et où ça prend une semaine avant de revoir le prochain épisode de son émission. Netflix comptait, en 2015, 65 millions d’utilisateurs sur sa plateforme.[4] Comme j’ai déjà mentionné, de nos jours, les gens ont une différente mentalité lorsque ça vient à consommer du contenu télévisé. Ils veulent tous, tout de suite. On est de moins en moins patient à cause de toutes les nouvelles technologies et un média comme Netflix est parfait pour cette demande rapide. C’est ce qui le rend plus attrayant à la clientèle. Les médias spécialisés québécois en arrachent donc grandement avec leurs cotes d’écoute à cause de ces compétiteurs. Si ceux-ci perdent donc leur clientèle, ils doivent trouver une façon de dédommager les pertes.

« Dans la tranche d’âge des 25-54 ans, celle vendue aux annonceurs, la baisse est encore plus marquée : – 23 %, ce qui fait en sorte que RDS et TVA Sports doivent dédommager leurs annonceurs.[5]», mentionne Vincent Brousseau-Pouliot de la Presse. Lorsque ce marché économique perd sa clientèle, il doit dédommager les pertes de leur propre poche. Ceci est l’une des problématiques de ces plateformes spécialisés. Ils doivent constamment s’assurer que le contenu est à jour, qu’il soit un sujet permanent (excepté les documentaires historiques), qui est pertinent au public ciblé et à la fois que le sujet ne perd pas de sa popularité, comme les saisons sports. Et si ce contenu est exactement comme cela, qu’il est toujours répétitif où qu’il n’est plus à jour, les gens ne se gênent pas pour prendre la télécommande et changer de chaîne. Le fait que ces médias doivent aussi dédommager de leurs propres poches ne les aident pas.

Une autre des grandes problématiques qui fait perdre souvent des cotes d’écoute à ces plateformes est le fait que leur clientèle doit payer pour avoir la chance de regarder leur contenu même si les médias généralisés, comme Radio-Canada et TVA, montrent presque le même contenu pour gratuit. Parfois même les médias spécialisés, n’offrent pas tout le temps le même contenu à toute sa clientèle et oblige même celle-ci à payer un surplus pour avoir une plus grande quantité de postes. Cela peut rendre le service peu attrayant. Les gens préfèrent avoir un service pour moins cher avec les mêmes opportunités de diffusion. C’est logique!  Cela peut donc encore affecter grandement leurs cotes d’écoute. « Les canaux de télévision spécialisés encombrent les services câblés, qui d’autre part semble tenir les consommateurs pour acquis: à Montréal, le forfait Télémax de Vidéotron est beaucoup plus intéressant dans le West Island (on propose Bravo! CNN, Showcase et A&E!) que dans l’est de la ville.C’est en quelque sorte « l’héritage » de CF-câble, acheté depuis par Vidéotron. En effet, celle-ci a agencé ses « bouquets » de canaux de telle sorte que le service de base offre les chaînes spécialisées les moins intéressantes, les autres étant offertes avec un « léger » supplément. [6]»,Jean-Philippe Laurendeau mentionne exactement ce problème dans cette citation.Les médias spécialisés ont donc clairement un problème de cotes d’écoute et devraient peut-être repenser à leur formule. Je crois que le problème principal de ces plateformes est le fait qu’ils n’ont pas grandi avec les nouvelles technologies et avec la nouvelle clientèle. Ils sont restés dans la même mentalité durant plusieurs années ce qui leur a enlevé beaucoup de crédibilité et d’importance.


[1] Wikipédia : Chaîne de télévision thématique, https://fr.wikipedia.org/wiki/Cha%C3%AEne_de_t%C3%A9l%C3%A9vision_th%C3%A9matique, 2016, (consulté le 18 novembre 2018)

[2] Lemieux, Marc-André. Le journal de Montréal : Le sport dynamise les cotes d’écoute. 2016. https://www.journaldemontreal.com/2016/07/11/le-sport-dynamise-les-cotes-decoute, (consulté le 18 novembre 2018)

[3] Idem

[4] Radio-Canada: Netflix confirme con succès avec 65 millions d’utilisateurs. 2015. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/730009/netflix-65-millions-utilisateurs-television-continu, (consulte le 18 novembre 2018)

[5] Vincent Brousseau-Pouliot, La Presse : Les cotes d’écoute du CH en baisse de 13%, 2018,https://www.lapresse.ca/affaires/economie/quebec/201801/24/01-5151213-les-cotes-decoute-du-ch-en-baisse-de-13.php, (consulté le 18novembre 2018).

[6] Laurendeau, Jean-Pierre. Érudit:  La télévision numérique : le câble serait-il menacé. 1998. https://www.erudit.org/fr/revues/cb/1998-v17-n2-cb1119772/34359ac.pdf(consulté le 18 novembre 2018)

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